Paire de vues de Venise par Carlo Grubacs

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Carlo Grubacs

Venise, 1802 – Venise, après 1870

Vue de la Riva degli Schiavoni et du Palais des Doges à Venise

146 x 210 mm – 5 3/4 x 8 1/4 in.

Gouache sur papier.

 

Carlo Grubacs

Venise, 1802 – Venise, après 1870

Vue de la cour intérieure du Palais des Doges à Venise

146 x 210 mm – 5 3/4 x 8 1/4 in.

Gouache sur papier.

 

 

Né à Venise en 1802, Carlo Grubacs commence très tôt sa formation artistique, en 1818, lorsqu’il est admis à l’école de peinture dirigée par Teodoro Matteini à l’Accademia di Belle Arti de Venise. Il s’oriente rapidement vers la création de vues en perspective sur les traces des grands maîtres vénitiens du XVIIIe siècle, comme Canaletto et Guardi. Il est actif à une époque où des artistes comme Vincenzo Chilone, Giuseppe Borsato, Giacomo Guardi et Giuseppe Bernardino Bison, fournissent aux touristes réalisant leur Grand Tour leurs huiles, gouaches et dessins vedutistes, en souvenir de leur voyage.

 

Fils d’un capitaine de marine nommé Giovanni Battista, originaire de Perasto au Montenegro, Carlo est le premier de sa famille à se consacrer pleinement à la peinture, débutant ainsi une tradition familiale qui a été poursuivie par son fils Giovanni, et plus tard, par son petit-fils Marco, actif jusqu’au XXe siècle.

 

Carlo Grubacs a participé à l’Exposition de l’Accademia de Venise en 1847 et, à partir de 1854, il était chaque année présent à cet événement. Ses huiles et gouaches sont aujourd’hui dispersées dans des collections privées et quelques musées dont le Museo Civico de Bassano del Grappa qui possède quatre grandes toiles du maître[1]. Ses vues de Venise sont souvent basées sur des modèles de Francesco Guardi et Canaletto qu’il transpose dans des conditions climatiques changeantes, représentant la ville sous le soleil, la pluie ou même la neige.

 

Ces gouaches, réalisées avec une grande précision et une remarquable fraîcheur, étaient très appréciées des touristes étrangers qui entreprenaient le Grand Tour au XIXe siècle, les considérant comme « des cartes postales de l’époque ». Comme ses prédécesseurs du XVIIIe siècle, Carlo Grubacs a réussi à capturer l’instant de sa Venise du XIXe siècle en animant ses paysages de personnages vêtus à la mode de l’époque.

 

Fig.1

Il avait l’habitude de reprendre les mêmes vedute qu’il exécutait sur des formats différents. Ainsi, nous pouvons rapprocher notre gouache Vue de la Riva degli Schiavoni et du Palais des Doges d’une autre d’un format plus petit (fig. 1, 124 x 172 mm)[2] dans laquelle on retrouve la même ligne de fuite dirigée vers la gauche laissant dans l’ombre la façade du Palais des Doges. Quelques différences sont cependant notables dans l’agencement des silhouettes se promenant sur le quai et dans la représentation du ciel, plus dégagé, suggérant un après-midi plus ensoleillé.

 

 

Notre seconde gouache, remarquablement exécutée, détaille avec précision et minutie la cour intérieure du Palais des Doges. Sur la droite, la façade de l’aile Renaissance, parfaitement représentée, apparaît dans toute sa beauté avec ses élégantes loggias et ses innombrables sculptures. Au fond, les coupoles de la Basilique Saint Marc surplombent la façade de l’Horloge et l’Arc Foscari, arc triomphal dédié au doge Francesco Foscari. À la droite de celui-ci, s’élève l’imposant escalier des Géants dominé par les statues de Mars et Neptune. Quelques personnages, disséminés dans ce cortile, viennent animer cette représentation d’une parfaite authenticité, témoignage fidèle de ce qu’était au XIXe siècle et ce qu’est de nos jours, encore, la cour intérieure du Palais des Doges.

 

Constat d’état : bon état général.

 

[1] F. Magani, La Venezia dei Grubacs, catalogue d’exposition, Trévise 2017, p. 55-56.

[2] Carlo e Giovanni Grubacs vedutisti veneziani del XIX secolo, catalogue d’exposition du 4 novembre au 4 décembre 1999, Antichità Caiati, Milan, n° 7, p. 40-43, ill. p. 41.