Étude de saint Benoît par Jean II Restout

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Jean II Restout

Rouen, 1692 – Paris, 1768

Étude de saint Benoît

Pierre noire et rehauts de blanc sur papier gris.

Numéroté en haut à droite : n 50.

321 x 237 mm – 12 5/8 x 9 5/16 in.

 

Provenance : Alfred Normand (1910-1993), son cachet (L. 153c) au verso et inscription au crayon sur le montage : J.  RESTOUT/L’extase de St Benoit/ 1e pensée pour la peinture du musée de Tours.

 

 

Né à Rouen, en 1692, dans une famille d’artistes, il devint l’élève de son oncle Jean Jouvenet, chef de file de la peinture religieuse en France à la fin du XVIIe siècle. Reçu à l’Académie royale en 1717, il reste à Paris, ne réalisant pas le traditionnel voyage d’étude en Italie, et expose régulièrement dans tous les Salons.

Typique des dessins de Jean Restout à la pierre noire et rehauts de blanc sur papier coloré, cette étude pourrait être une première pensée pour le tableau de l’Extase de saint Benoît (fig. 1)[1] daté de 1730, conçu pour orner l’abbaye bénédictine de Bourgueil et  conservé aujourd’hui au musée des Beaux-Arts de Tours (inv. 793-2-1).

 

Fig.1

           L’extase de Saint Benoit a été commandé à l’artiste avec son pendant La Mort de sainte Scholastique par les bénédictins mauristes pour l’abbaye Saint-Pierre-de-Bourgueil[2]. Les deux saints sont tous deux fondateurs de l’ordre bénédictin, et leurs vies étroitement liées dans l’hagiographie. Sainte Scholastique, qui était la sœur jumelle de saint Benoît, avertit son frère de sa propre mort en déclenchant un orage ; ce dernier vit alors l’âme de sa sœur s’envoler au ciel sous la forme d’une colombe. Restout a placé la colombe dans l’épisode de la mort de la sainte, alors qu’il illumine la cellule de Benoît d’un globe de feu. Le premier guide du musée, publié en 1825, donne une description précise de la composition « Saint Benoît priant dans sa cellule, la nuit du 30 octobre 536, eut une vision dans laquelle il aperçut l’âme de saint Germain, évêque de Capoue, portée au ciel par les Anges au milieu d’un globe de feu. Le tableau représente le commencement de cette vision. Le peintre a saisi le moment où la lumière céleste dissipe tout à coup l’obscurité de la nuit ». Restout est fidèle une fois encore au texte de Jacques de Voragine : « une nuit que le serviteur de Dieu regardait par la fenêtre et priait Dieu, il vit se répandre en l’air une lumière qui dissipa toutes les ténèbres de la nuit. Or, à l’instant, tout l’univers s’offrit à ses yeux comme s’il eût été rassemblé sous un rayon de soleil et il vit l’âme de saint Germain, évêque de Capoue portée au ciel »[3].

 

Fig.2

Cette étude pourrait également être rapprochée d’une composition aujourd’hui perdue Le prophète Isaïe[4], pendant du Prophète Ezéchiel dans la chapelle du séminaire de Saint-Sulpice[5] réalisé en 1748. Un dessin (fig. 2) de ce tableau perdu exécuté par Jean Restout, conservé à la bibliothèque sulpicienne de Paris[6], présente le prophète assis sur des nuages dans une attitude proche de notre feuille.

 

 

 

 

 

Constat d’état – Contrecollé sur un papier photo.

 

[1] Christine Gouzi, Jean Restout 1692-1768, peintre d’histoire à Paris, Arthena, Paris, 2000, p. 52, ill.  n° P. 42, p. 220-221

[2] Tableau conservé aujourd’hui au musée des Beaux-Arts de Tours (inv. 1793-2-2).

[3] Cf. Texte extrait du catalogue raisonné Peintures françaises du XVIIIe siècle. Musée des Beaux-Arts de Tours/ Château d’Azay-le-Ferron par Sophie Join-Lambert (Sivana Editoriale Musée des Beaux-arts de Rouen, 2008)

[4] Christine Gouzi, op. cit., p. 288, n° P. 143

[5] Idem., p. 287, n° P. 142.

[6] Idem, p. 384, n° D. 100.

Propositions d'encadrements

Pas de cadre, Cadre Louis XVI plat Or (4cm), Cadre Louis XVI plat Noir et Or (4cm), Cadre plat (4cm) teinté ébène, Cadre inversé (3,3 cm) teinté ébène, Cadre Louis XVI or (3cm)